État de la réflection
Construction numérique et socialisation (module 4 à 8)
État de la réflexion:
Les individus d’aujourd’hui sont qualifiés comme étant individualistes et égocentriques. Pourtant, ils sont en permanence connectés à des réseaux sociaux au moyen des TIC. Ironique n’est-ce pas pour des êtres individualistes d’avoir un besoin d’interconnection aussi grand?
Des fois je me pose la question quant à savoir si ces technologies sont autant consommées par les jeunes pour combler un manque ou une solitude car individualisme ne rime pas avec «sentiment de connexion permanent».
La technologie a créé une obsession pour le lien communicationnel, faisant place à des pathologies encore inexistantes il y a quelques années de cela. (Lardellier, 2006 : Notes de cours : Une culture du troisème type). Cette obsession que nous avons d’être toujours connecté est très caractéristique de notre époque. Moi et ceux de ma génération, la génération Y, en sommes les spécialistes reconnus car comme le dit si bien Lardellier, nous sommes les enfants légitimes de la communication et des nouvelles technologies. (Lardellier, 2006 : Notes de cours : Une culture du troisème type).
Le meilleur exemple d’une nouvelle pathologie est la dépendance au téléphone portable. Combien de personnes connaissez-vous qui sont dépendantes à leur cellulaire?
À ce sujet, Sergio Chaparro, maintenant professeur adjoint au Simmons College de Boston, mena une expérience sur la dépendance aux cellulaires. Il a demandé à ses élèves de désactiver leur cellulaire pendant trois jours dans le cadre d’un cours. La plupart de ceux-ci ont eu une réaction de panique : «Ils avaient réellement peur, Ils s’attendaient à vivre une expérience douloureuse et ils n’avaient pas tout à fait tort.». Seulement trois des quelques 220 étudiants ont réussi.
La dépendance aux téléphones cellulaires est un phénomène de plus en plus étudié. Une étude coréenne récente a indiqué la présence de signes d’une telle dépendance chez près d’un tiers des étudiants de secondaire, ceux-ci éprouvant même un sentiment de paranoïa lorsqu’ils sont privés de leur appareil, «constamment inquiets» de manquer un message texte lorsque leur appareil est désactivé. En Grande-Bretagne, des chercheurs ont conclu que les gens deviennent si intimement attachés à leur téléphone cellulaire que ces derniers sont perçus comme un article essentiel à leur existence, voire une extension de leur personne.»
Ceci dit, le cas du cellulaire n’est pas le seul. Internet a entrainé plusieurs individus à développer une véritable dépendance aux réseaux sociaux numériques. Plusieurs millions de personnes sont dépendantes à MSN Messenger, Facebook, myspace ou encore des jeux en ligne dans lesquels ils jouent en communauté.
Je crois que ces dépendances et ce besoin d’être connecté en permanence d’écoule du fait qu’un grand nombre d’individus utilisent les TIC afin de combler les vides émotionnels de leur vie. Ils utilisent les TIC pour communiquer car ils peuvent contrôler parfaitement leur identité. Il est beaucoup plus facile de discuter via courriels, messages textes, blogues etc. que de vive voix ou encore en face à face. Les TIC offrent la possibilité aux individus de communiquer sans avoir à faire face à leur interlocuteur tout ayant le contrôle absolu sur leur image projetée. Peut-être cette valorisation est-elle due à un manque de confiance en soie généralisé? Je crois que cela peut-être possible…
Comme le dit si bien Philippe Breton : « l'homo communicans est un être sans intériorité et sans corps, qui vit dans une société sans secrets, un être tout entier tourné vers le social, qui n'existe qu'à travers l'information et l'échange, dans une société rendue transparente grâce aux nouvelles machines à communiquer ».
Sources:
Canoe, juin 2006. «Le cellulaire créé une dépendance chez plusieurs utilisateurs»
[En ligne] URL : http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2006/06/20060610-215002.html , consulté en ligne le 1 octobre 2008.
Lardellier, Pascal. 2006. Le pouce et la souris: enquête sur la culture numérique des ados. Paris : Fayard, pp. 37-50.
Philippe Breton, L'Utopie de la communication, La Découvene, Paris, 1992, p. 46.