Carbet de bord 2: réflexion
Réflexion
Les nouvelles technologies qui sont apparues dans le dernier siècle ont profondément bouleversé le cadre intellectuel et social de l’homme. Faites l’exercice et imaginez vous vivre dans un monde sans le téléphone, le cellulaire, la radio, la télévision ou encore sans Internet…
La majorité d’entres nous en sommes incapables. La technologie a créé une obsession pour le lien communicationnel, faisant place à des pathologies encore inexistantes il y a quelques années de cela (Lardellier, 2006 : Notes de cours : Une culture du troisème type). Cette obsession que nous avons d’être toujours connecté est très caractéristique de notre époque. Moi et ceux de ma génération, la génération Y, en sommes les spécialistes reconnus car comme le dit si bien Lardellier, nous sommes les enfants légitimes de la communication et des nouvelles technologies. (Lardellier, 2006 : Notes de cours : Une culture du troisème type).
L’importance des technologies dans la communication est telle que bien des auteurs ont désigné l’homme d’aujourd’hui comme «l'homo communicans.» Selon Philippe Breton : « L'homo communicans est un être sans intériorité et sans corps, qui vit dans une société sans secrets, un être tout entier tourné vers le social, qui n'existe qu'à travers l'information et l'échange, dans une société rendue transparente grâce aux nouvelles machines à communiquer. » (Breton: 1992, 123).
Personnellement, je trouve la situation de ma génération très paradoxale, c’est pourquoi j’ai décidé d’axer ma réflexion sur celle-ci. Il est vrai que les jeunes sont de plus en plus connectés en permanence sur les nouvelles technologies. Pour eux, elles sont indispensables. Maintenant, avec les cellulaires intelligents et Internet, les jeunes sont en contact permanent avec leurs amis. Ce que je trouve ironique, c’est que malgré leur besoin d’être interconnecté en permanence, nous formons une génération extrêmement individualiste. Le jeune de la génération Y est très soucieux de ses propres besoins et de ses envies, et il est axé sur son bien-être à lui. Des fois je me pose la question quant à savoir si ces technologies sont autant consommées par les jeunes pour combler un manque ou une solitude car individualisme ne rime pas avec «sentiment de connexion permanent».
Je ne crois pas que l’individu moderne, «l'homo communicans.», soie dépourvu d’intériorité et de corps. Comme le dit si bien Poncelet : «Le sociologue ne doit pas oublier qu’il existe chez tout individu un for intérieur, une intimité et une richesse de vie intérieur mais aussi un inconscient. Sa nécessité vitale n’est pas toute entière, mais aussi dans les qualités intrinsèques qui viennent du fond de lui-même.» Je crois que malgré l’influence qu’ont les technologies sur l’individu, celui-ci reste humain même si parfois il semble s’être «machinisé».
Contrairement à McLuhan, auteur que j’ai eu la chance de lire à plusieurs reprises dans le module 1, je crois que ce sont les hommes qui façonnent les médias et les technologies et non le contraire. Je ne crois pas au déterminisme technologique et je vois les médias et les technologies comme des outils créés par l’homme pour améliorer la vie de l’homme, rien de plus. Certes, tous ces outils ont modifiés notre perception du monde, mais je ne crois pas que nous sommes les esclaves de ces technologies de l’information car nous sommes toujours ceux et celles qui décident de leur contenu.
Sources :
Breton, Philippe. 1992. L'Utopie de la communication, Paris, Éditions La Découverte p. 302
De Coster, Michel, Bawin-Legros, Bernadette, Poncelet Marc. 2005. Introduction à la sociologie 5ième édition. Paris. Publié par De Boeck Université, 316 p.
Lardellier, Pascal. 2006. Le pouce et la souris: enquête sur la culture numérique des ados. Paris : Fayard, pp. 37-50.